Il est malheureusement courant
de considérer ces douces et merveilleuses amies comme de simples
chevaux blancs porteurs d'une corne unique. Les licornes ne peuvent
pourtant pas se réduire à des chevaux cornus, comme nous ne pouvons pas
être simplement réduits à des singes sans fourrure.
Les licornes
sont la douceur et l'harmonie, une perfection transcendant complètement
celle des chevaux. Un cheval a un tempérament de feu, une énergie
frappante qui le personnifie d'ailleurs ; une licorne, pour sa part, a
dépassé depuis fort longtemps cet aspect de vie. Pareillement, nous
avons nous mêmes dépassé les réalisations de force, d'endurance et de
souplesse de nos compagnons animaux parce que, tendant vers plus
parfait accomplissement, nous n'en avions plus besoin.
C'est
ainsi que les licornes incarnent en leur physique même la beauté
qu'elles symbolisent. Leur robe immaculée pourrait traduire la
perfection de leur accomplissement, bien que leur évolution soit, comme
la nôtre, encore en devenir.
La finesse et l'harmonie de leur
corps équin sont encore magnifiées par celles de leurs sabots, de leur
toison, de leur queue ou de leurs naseaux, personnifications plus
parfaites de leur douceur
bienveillante et de leur beauté intégrale de corps comme d'esprit. Ceci
explique pourquoi il a été dit que ces parties de leur corps se
rapprochent non du cheval mais de la race caprine ou, pour leur queue,
peut être plus précisément de la race féline. La contemplation
d'une licorne est une pure magnificence. La soie peut plus que le crin
définir sa crinière ; quant à son regard, il ne saurait s'appréhender
par de simples mots. Sa corne de légende peut se rapprocher de celle
des narvals, sans nulle coïncidence pourtant car celui-ci pourrait être
justement considéré comme un reflet marin de nos licornes...